Quinzaine de la Francophonie 2026 à l’UEH : la jeunesse au centre du dialogue
Dans son allocution d’ouverture, le Recteur Dieuseul Prédélus a rappelé la place historique d’Haïti dans la Francophonie : loin d’être simplement un pays francophone, Haiti demeure un laboratoire vivant du plurilinguisme, manifeste par la coexistence du français et du créole. Il s’agit d’une richesse à sauvegarder, valoriser et partager dans tout l’espace francophone. Le rôle de la jeunesse consiste à pérenniser cette richesse, car elle représente les acteurs, créateurs et bâtisseurs de demain. C’est pourquoi, par son soutien à l’enseignement supérieur francophone, l’UEH s’ingénue à leur offrir une tribune, un accompagnement et la garantie d’une chance égale de développement personnel.
Autour du thème « La jeunesse francophone face au chaos mondial », M. Emmanuel Adjovi, Représentant régional de l’OIF en Haïti, a lui-même mis en lumière les défis mondiaux auxquels la jeunesse francophone se trouve aujourd’hui confrontée. M. Adjovi a exhorté les jeunes à faire usage de la technologie et des réseaux sociaux comme outils de mobilisation sociale et culturelle. Faisant état d’exemples concrets d’initiatives écologiques, technologiques et entrepreneuriales déjà prises par la jeunesse francophone, il les a invités à créer des réseaux transfrontaliers de solidarité pour répondre aux enjeux globaux, notamment le retour de la force brute dans la géopolitique mondiale. La créativité et la solidarité demeurent, pour ainsi dire, les clés essentielles pour la construction d’un monde plus pacifique.
« L'universalité singulière des langues : chaque langue face à toutes les autres dans l'espace francophone/Vers une éthique de la diversité linguistique entre coexistence, traduction et disparition ». Tel a été le sujet traité par le professeur Jean Waddimir Gustinvil, Directeur de la recherche à l’UEH qui a centré son intervention sur la diversité linguistique dans l’espace francophone. Chaque langue est à la fois unique et universelle, et la coexistence des langues passe par des dynamiques de traduction, de créolisation et parfois de tensions historiques. Cette diversité est une richesse qui mérite d’être protégée et valorisée. Produit d’une histoire marquée par la colonisation et la déportation, le créole haïtien illustre la capacité des langues à résister et à se réinventer. Dans cette mesure, loin d’être de simples outils de communication, la traduction et la créolisation apparaissent comme des actes créatifs permettant d’établir des ponts entre cultures et générations.
À son tour, le professeur Jhon Picard Byron, Directeur des Editions de l’UEH, est intervenu sur le thème : « Circulation des idées dans la francophonie : comment René Piquion a-t-il construit son influence à l’époque des indépendances africaines (1956-1972) ». Il s’agit d’une analyse de l’influence de René Piquion dans l’espace francophone, notamment à l’époque des indépendances africaines. Piquion a su naviguer entre négritude et indigénisme haïtien pour s’imposer comme une figure intellectuelle majeure, en dépit des controverses politiques et critiques de son époque. En tant qu’intellectuel engagé et journaliste militant, il a assuré un rôle clé dans la structuration des réseaux francophones et la circulation des idées. Révélant la complexité des interactions entre pensée politique et mouvements culturels dans le monde francophone, le professeur Byron a exprimé la nécessité de recontextualiser les débats de l’époque et d’éviter de mesurer les années 1950 et 1960 à l’aune de standards contemporains.
Ainsi, s’est déroulée la Quinzaine de la Francophonie 2026 à l’UEH. La jeunesse, la langue et la culture y apparaissent comme des leviers essentiels de construction d’un monde plus apaisé.