Woodson Tienotte, lauréat de la première édition du concours « Mes idées contre la corruption en 180 secondes »
Lors de la cérémonie, le Recteur de l’Université d’État d’Haïti, le Dr Dieuseul Prédélus, a rappelé que les données internationales, notamment de Transparency International, traduisent une réalité alarmante de la corruption en Haïti : celle-ci fragilise les institutions et compromet le développement du pays. Mettant l’accent sur le rôle historique de l’UEH dans la formation de citoyens intègres, le Recteur appelle à renforcer l’enseignement de l’éthique et de la responsabilité citoyenne, tenant compte du fait que la lutte contre la corruption ne peut être menée véritablement que sur le plan éducatif, institutionnel et collectif.
Le Directeur Général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a, pour sa part, qualifié le concours d’espace civique transformateur et d’incubateur d’idées au service de la lutte contre la corruption. A son sens, cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale de prévention et de promotion de l’intégrité publique. Dressant un constat préoccupant de l’impact de la corruption en Haïti, il a plaidé pour la reconstruction d’un socle de valeurs éthiques au sein de la société via l’éducation de la jeunesse haïtienne.
Pour le Conseiller anticorruption à l’ONUDC, M. Adrian Banu, les 180 secondes accordées aux finalistes symbolisent le temps minimal nécessaire pour transformer une idée en conviction capable d’interpeller toute une société. La corruption affecte, en effet, en premier lieu la jeunesse haïtienne, compromettant son avenir, son mérite et son accès équitable aux services publics. Or, l’intégrité constitue le fondement indispensable du développement durable, et les jeunes représentent les véritables acteurs du changement, et non de simples bénéficiaires de discours. D’où la nécessité de cette initiative.
Devant un jury d’exception composé de professeurs d’université et de personnalités de la société civile, les dix finalistes ont livré des prestations les unes plus remarquables que les autres, illustrant l’engagement de la jeunesse universitaire haïtienne dans la lutte contre la corruption. Ces prestations ont été évaluées selon des critères d’éloquence, de pertinence et qualité du texte, de maîtrise de la langue et du respect du temps imparti.
Au terme de la finale, le jury a déclaré Woodson Tienotte (FAMV/FASCH) premier lauréat. Celui-ci a eu droit à un ordinateur portable, un iPad, un bon d’achat, un chèque de plusieurs milliers de gourdes ainsi qu’une bourse d’études complète à l’étranger. Il est suivi de Christ-Andchel Samantha Beaucéjour (FMP), deuxième ; Rose Mical Mérisema (Université Quisqueya), troisième ; Norhalie Darah Louis, (INAGHEI), quatrième ; et Jordany Pierre-Louis (INAGHEI), cinquième, eux aussi récompensés pour leurs efforts. En guise de prime de participation, un bon d’achat a été attribué aux cinq autres finalistes du concours.