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Dany Laferrière partage les sources de son imaginaire littéraire avec la communauté universitaire du Nord au Campus Henry Christophe de Limonade de l’UEH

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Dany Laferrière partage les sources de son imaginaire littéraire avec la communauté universitaire du Nord au Campus Henry Christophe de Limonade de l’UEH
Après Port-au-Prince, Petit-Goâve, sa ville natale, l’écrivain et académicien Dany Laferrière a poursuivi le mercredi 22 juillet 2026 sa tournée nationale au Campus Henry Christophe de Limonade (CHCL) de l’Université d’État d’Haïti (UEH), où il a échangé avec une communauté universitaire fortement mobilisée autour du thème « Naissance d’un écrivain ». Devant une salle comble, réunissant étudiants, enseignants et passionnés de littérature, l’auteur de L’Odeur du café a livré une réflexion sur son parcours littéraire et sur les éléments qui ont façonné son univers créatif.

Accueilli par le Président du Conseil de gestion du Campus Henry Christophe de Limonade, Professeur Hérissé Guirand, Dany Laferrière a été chaleureusement reçu par une communauté universitaire du Nord heureuse d’avoir avec elle l’une des grandes voix de la littérature francophone contemporaine. Cette rencontre, placée sous le signe de la mémoire et de la création, a débuté par la projection d’un extrait du film « La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve » réalisé en 2009 pour retracer le parcours de Laferrière à l’occasion des 25 ans de sa première œuvre romanesque, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. La projection a été suivie d’une présentation de l’académicien des cinq éléments symboliques de son parcours : la tasse de café, la baignoire, la machine à écrire, la librairie et Jorge Luis Borges, chacun devenant un point d’entrée pour évoquer les influences, les souvenirs et les moments déterminants qui ont façonné son œuvre.

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Parlant de la tasse de café, il a rendu hommage à sa grand-mère Da, dont l’habitude d’offrir du café aux visiteurs représentait, selon lui, bien plus qu’un simple geste d’hospitalité. Le café incarnait un espace de rencontre, d’écoute et de transmission. « Le café est un lien », a-t-il expliqué, soulignant que ces échanges quotidiens ont nourri son regard d’écrivain sur les relations humaines. Évoquant la machine à écrire, l’écrivain a insisté sur la dimension physique et émotionnelle de l’acte d’écrire. Pour lui, l’écriture ne dépend pas d’un lieu prestigieux, mais d’un certain regard sur le monde. L’écrivain peut créer partout, pourvu qu’il sache observer la vie. La lecture a également occupé une place centrale de son intervention. Se présentant comme « un lecteur qui écrit », il a signalé l’importance de sa découverte de Jorge Luis Borges, auteur argentin, modèle d’érudition, d’humilité et de conscience de soi, qui l’accompagne dans sa traversée littéraire depuis plusieurs décennies.

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Dans la deuxième partie de la rencontre, animée par la professeure Darline Alexis, coordonnatrice de la tournée en Haïti, l’académicien est revenu sur deux œuvres majeures de sa carrière : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer et Journal d’un écrivain en pyjama. Le premier roman, à travers l’humour et l’ironie, s’est complu à déconstruire les stéréotypes raciaux qui, avec l’immigration, lui sont apparus avec plus d’acuité qu’avant. Quant au second roman, il est né d’une réflexion sur les livres, les auteurs et le processus de création.

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Au cours des échanges, Laferrière a mis l’accent sur l’importance de la réécriture et de la patience dans le travail littéraire. Un écrivain revient souvent sur des thèmes qui l’habitent en tant qu’individu. Il les creuse avec persistance, afin d’y découvrir ou d’en révéler éventuellement de nouvelles dimensions. S’adressant à l’auditoire, il a rappelé que la littérature dépasse les frontières géographiques. « Il n’y a pas de privilège devant le savoir, devant l’expérience », a-t-il affirmé, invitant les jeunes à considérer leur ville et leur culture comme pleinement inscrites dans l’espace universel.

Cette étape de la tournée au Campus Henry Christophe de Limonade aura constitué un moment fort de partage intellectuel et culturel. On y redécouvre l’idée que la littérature naît souvent des expériences les plus simples : une conversation autour d’un café, un livre découvert, un souvenir d’enfance ou une fenêtre ouverte sur le monde.

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