LADIREP : Un colloque pour réfléchir sur la recherche en contexte de crise en Haïti

Le Laboratoire Langues, Discours, Représentations (LADIREP) de l’Université d’Etat d’Haïti a organisé, les 26 et 27 juin 2025, à l’Hôtel Caribe, un colloque scientifique de haut niveau sur le thème : « Terrains et perspectives de recherche en contexte de crise en Haïti ». L’événement, qui s’est déroulé en format hybride (présentiel et virtuel), a réuni des doctorants, deschercheurs haïtiens, ainsi que d’autres acteurs engagés dans les secteurs académiques et de la production de savoirs.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dr Dieuseul Prédélus.

« Je déclare ouvert ce colloque. Je souhaite à toutes et à tous une excellente participation », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, le Recteur a souligné l’importance pour l’UEH de produire un savoir local, ancré dans les réalités haïtiennes. Il a également réaffirmé l’engagement du Conseil exécutif à renforcer les laboratoires de recherche, à créer de nouveaux pôles de recherché dans le pays et à améliorer les conditions de travail des chercheurs.

Le Professeur Prédélus en a profité pour partager les perspectives en cours pour consolider la recherche et soutenir les chercheurs à l’UEH :

« Nous travaillons actuellement au niveau du Conseil exécutif sur la mise en place d’un plan de carrière pour nos chercheurs, nos professeurs ainsi que pour nos membres du personnel administratif », a-t-il rassuré.

« Nous avons récemment créé un prix pour récompenser les meilleurs travaux scientifiques produits dans nos laboratoires. Chaque chercheur primé recevra une allocation de 300 000 gourdes. Cette année, une dizaine de travaux ont déjà été sélectionnés pour bénéficier de ce prix », a-t-il ajouté.

Le Professeur Jean Waddimir Gustinvil, Coordonnateur du LADIREP, a salué l’assistance pour son intérêt envers le colloque :

« C’est un honneur pour moi de vous accueillir ici, dans un contexte assez difficile. Malgré les circonstances, malgré la situation d’insécurité, nous essayons de donner du sens à ce que nous faisons en tant que scientifiques, professeurs et étudiants. Il n’y a pas de vie sans sens », a-t-il insinué.

Le Docteur en philosophie a également salué le courage et le dévouement des doctorants de LADIREP. Pour lui, s’engager dans une recherche doctorale n’est pas une tâche facile :

« On entre dans un processus sans savoir exactement quand il se termine », a-t-il reconnu. Il a ajouté:

« La plus grande perte pour l’UEH, c’est de perdre un doctorant ou de voir un étudiant abandonner ses études doctorales. »

Madame Ketleine Charles, doctorante en cotutelle (UEH/Université Laval) et membre du comité organisateur, a présenté l’événement sous un angle multidimensionnel :

« Ce colloque s’inscrit dans une démarche académique, citoyenne et stratégique. Il vise à offrir un espace de réflexion sur les conditions de production du savoir en Haïti, dans un contexte marqué par des crises multiples – politiques, sociales, institutionnelles, législatives et sécuritaires. Il a aussi pour objectif de valoriser les travaux scientifiques des doctorants en leur offrant une tribune propice à la diffusion, à l’échange entre pairs et à l’enrichissement mutuel par le dialogue scientifique. »

Ce colloque, résolument multidisciplinaire, s’est décliné en quatre panels avec des intervenants issus de divers domaines : philosophie, sociologie, histoire, architecture, géographie, psychologie, etc. Les thématiques abordées étaient les suivantes :

  • Terrain de recherche et crise : enjeux historiques et philosophiques;
  • Crise politique haïtienne, insécurité et terrain de recherche;
  • Crise socio-éducative en Haïti : analyse des principaux impacts et défis;
  • Terrain de recherche et épistémologie de résistance en contexte haïtien.

Les panels ont permis aux intervenants de traiter des questions transversales, telles que l’impact de l’insécurité sur les pratiques de terrain, les effets des crises politiques sur la recherche scientifique, la créativité artistique et scientifique en temps de crise, ainsi que la construction d’une épistémologie de résistance au service des sociétés locales.

Une attention particulière a été portée aux approches critiques, féministes, décoloniales et transdisciplinaires, dans une volonté de repenser les objets, méthodes et finalités de la recherche.

Le laboratoire LADIREP, organisateur de ce colloque, jouit d’une grande notoriété dans le secteur de la recherche en Haïti et à l’international. Aujourd’hui, il accompagne plus d’une vingtaine de doctorants et doctorantes. Considéré comme un espace de formation, de transmission et de dépassement de soi, cet événement constitue pour le laboratoire une réaffirmation de son engagement à promouvoir une science ouverte, inclusive et socialement pertinente, en favorisant la circulation des savoirs entre l’université, les territoires et les communautés.

Unité de communication de l’UEH